Un carnet de voyage disparu ressorti du fond d'une vieille armoire, tel est ce carnet de voyage en Tunisie. Tant d'évènements se sont produits depuis dans le pays.


 
En Juin 1990, j'arrive en Afrique du Nord par la porte d'entrée de Tunis. Après être aller à Kelibia, c'est à Nabeul que je rencontre des voyageurs véhiculés qui reviennent d'Afrique de l'Est avec leur 4x4 Land Rover. Nous n'avons pas le même moyen de locomotion mais partageons le temps d'une soirée des informations, des renseignements. Un échange à la "routarde" comme dans les années 70 avec des prises de notes. Pas beaucoup de voyageurs en cette fin des années 80. Nabeul est célèbre pour ses poteries et le travail de l'argile.
Kelibia est à mon goût un petit port de pêche sur le cap Bon un peu tristounet. La forteresse ( byzantine du VIème siècle, je cite un guide) a été restaurée. En réalité, elle fut édifiée 10 siècles plus tard.

A Nabeul, déjà une mauvaise rencontre. Dans cette ville de fatras et d'objets vendus pour les touristes, rien ne me retient.

 
Hammamet reçoit un tourisme de masse. La riviera tunisienne est un haut lieu de raccolage. Dans la médina, sans cesse des nouveaux amis me sollicitent. Pas beaucoup de raison de sédentariser ici.

 
Sousse. Les plages du littoral attirent beaucoup de touristes. Ici, on ne met pas seulement le poisson en boite mais aussi le tourisme.

 
 
 
Kairouan, l'une de mes villes préférées en Tunisie. La cité est active dès le lever du jour avec un marché authentique dans la médina. La vieille ville et les souks sont les témoins d'une vie populaire. Le souk des étoffes et ses anciennes arcades côtoie celui du cuivre.
La mosquée Jamâ Sidi Oqba est un bel édifice religieux. La ville serait la première ville sainte du Magreb (islam sunnite). C'est en tous cas le plus ancien site de pèlerinage du pays avec son mausolée du XVème siècle.
Jamâ Sidi Oqba
 

Sfax conserve la porte Bab Diwan (1306) qui sépare l'ancien quartier colonial et la vieille ville arabe. Je quitte rapidement Sfax, cette grande ville industrielle et polluée. Les frontières réouvertes avec la Lybie depuis 1988 sont actuellement fragiles et je vais avoir à subir une fermeture soudaine de la frontière du côté libyien. Ici, je rencontre des voyageurs canadiens dans une situation identique, voire plus critique car ils sont sans visa par la force des choses.
Nous avons aussi le point commun d'avoir fourni des photographies pour un nouveau magazine de voyage sur le Magreb. Mais tous ces magazines vont bientôt être à court d'idées. Dans le futur, ces agences, ces revues et certains guides exploiteront bien plus que les photographies. C'est aussi tous ces abus qui ont contribué à l' abandon de mes appareils photographies et le guide papier officiel pendant quelques années, durant une longue et très belle période de voyage...
 
Les 14 îles Kerkenna sont encore à l'écart des visites touristiques (20 km de Sfax). Les plages sont désertiques et les felouques à voile latine des pêcheurs kerkenniens sont élancées et traditionnelles. Mais les bateaux à moteur arrivent avec la facilité mais aussi la pollution.
Les îles manquent d'eau et le palmier a du mal a pousser.


 
Après avoir séjourné à Gabès, je récupère physiquement d'un mauvais moment maladif, celui d'un mauvais dîner dans une gargotte pêchée dans un guide papier. Gabès ne me retient pas avec sa plage polluée. C'est dèjà l'appel du désert. Matmata avec ses méharées en départ et en arrivée. Les ksours bergères, ou habitations traditionnelles me permettent de me protéger de la chaleur. Le village est devenu malheureusement touristique et développe en conséquence des comportements pas toujours sympathiques.

La canicule rend le voyage parfois difficile et veiller à rester hydraté est essentiel.

Douz, ville du sud du pays est la porte du Sahara. L'oasis est la gardienne du Grand Erg. La tribu nomade des M'Razig se sédentarise. Les méharées de dromadaires arrivent sur le marché. J'ai séjourné, il y a plus de 30 ans à l'hôtel du 20 mars avant de partir dans le désert. En 2009, des voyageurs sont toujours satisfaits des lieux.
Le désert gagne ici et l'ancien village est déjà englouti par les sables.

Ksar Haddada est ce village près de Tataouine. Il semblerait en définitive que peu de maisons ont été restaurées depuis plusieurs décennies. Les maisons troglodytes ont parfois de puits de 10 mètres de profondeur.

Médenine annonce les Ksour du Sud. Les premières Ghorfas, ces greniers à grains témoignent d'un passé révolu. A 75 km au Sud de Gabès et 500 km de Tunis, j'évolue dans la plaine de la Djeffara.

 
 
L'île de Derba où je rencontre beaucoup de touristes. Certains ne sortent jamais de leurs hôtels. En quittant l'île et la plage de la Séguia, je rencontre une japonaise déçue du site balnéaire et pour cause. Elle décide de faire un bout de chemin avec moi dans l'extrême Sud du pays. A Houmt-Souk, les magasins et les souks sont là pour le tourisme. Les Fondouks sont au hasard des ruelles, les intérêts de la petite ville. Ces anciennes auberges accueillaient les caravanes de nomades. Les dromadaires étaient installés au rez-de-chaussée et les caravaniers à l'étage.
Le puits est depuis toujours le lieu de rassemblement des femmes. Dans leur corvée, elles se racontent les histoires du village.

 
A 12 kilomètres au sud de Douz, Zaafrane n'a pas résisté au sable et à la montée du désert. Une méharée de touristes part dans le désert probablement pour quelques heures. La chaleur est intense. Ma progression est lente.

 
La magnifique oasis de Tozeur couvre 1000 hectares. Un oasis de paix au milieu des agitations touristiques de Nefta. La palmeraie est célèbre pour ses fameuses dattes "Deglet Nour".
L'architecture de Tozeur est originale. Les briques d'argile sont agencées de façon calligraphique.

Sidi Bou Saïd est un village bien propret au regard du reste du pays. Ses ruelles sont bordées de maisons authentiques. La ville est touristique par excellence. Les bougainvillées s'accrochent aux maisons bleues et blanches.